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Accueil du site > N°03 > MADE IN TRASHBOX
M A R T I N A - B A R T H E L M E S

MADE IN TRASHBOX

Martina Barthelmes réalise des "minidrames" du quotidien dans de petites boîtes mal foutues, peuplées de personnages mal foutus, dans des intérieurs désintégrés par la banalité.

Cela devrait faire vomir. Mais c’est le contraire qui advient : une immense tendresse triste, désabusée, désemparée.

Nous-mêmes au milieu du monde.

Martina Barthelmes
Vit et travaille à Berlin

"J’ai rencontré Martina Barthelmes, à Graz (Autriche) sa ville natale.
Deux jours plus tard nous étions dans les montagnes buvant du vin blanc.
Plus tard, je l’ai retrouvée à Berlin où elle habite et travaille.

Elle est charpentier scénographe. Un jour elle m’a dit préférer les grands chiens noirs aux petits garçons.

Elle raconte l’histoire de la mère qui achète deux cravates pour son fils pour le rendre malade.

"Spielraum", "Espace pour jouer", "Kabinetttheater", "mini-espace", "cabinet", "petite chambre", "débarras", "cabinet noir"…

Entendre voler une montre. Voici l’éternité. Voici ce qui n’a jamais été et ne sera jamais car cela est.

Sansbras Sanstêtes Bouchemorte Ivredonc Sâledebains Fleurfanée Monsieur Pèredanslamère Madame MèredanslePère Enfantniqueunitête dans un monde qui pourrait être une Bonne Idée, un monde miraculeux dans un paysage où adviennent les choses les plus étranges et finalement rien du tout.

"minidramen", "kabinetttheater", "théâtre d’anti-chambre", "boîte de pandorre", "téléidée".

Mieux que la vie, la mort.
La mort ça bouge, ça informe, la mort ça vie.
La mort qui est lisible.

Faites vos histoires avec le cuisinier pendu après avoir préparé sa femme, une jambe traîne encore dans la poubelle. Pourquoi ?

"Chambre des merveilles", "Wunderkammer"

Pas de discrimination entre la grossièreté et le raffinement avec ces personages orphelins. Ils sont "vrais" et "honnêtes", mais pas comme les humains.
Ils savent que la solitude est le seul moyen de ne pas entendre parler de leur mort.
Et voilà qu’ils étalent avec générosité le voyage de leurs vies.

Le monde de Martina se fout de nos contradictions.
Les "minidramen" sont intemporels et leur portée immense.
La mise en espace est minuscule.
"

Yoris Van den Houte