1. Enregistrer au format PDF
  2. Version imprimable de cet article
Accueil du site > N°04 > LE CARNET LAMBERT (extraits)
P I E R R E - E S C O T

LE CARNET LAMBERT (extraits)

Le monde doit devenir un emballage.
L’emballage est une idée du monde.
Y-a-t’il une vie après l’emballage.
Y-a-t’il une vie avant l’emballage.
L’emballage ne s’est pas fait en un jour.
Chaque jour est le jour de l’emballage.
Qui vole un emballage les vole tous.
Il ne faut pas faire de plan sur un emballage.
Chaque emballage se dédit. Chaque emballage est l’enfant de l’emballage.
Un emballage parfait est un emballage qui ne se voit plus.
Voir un emballage et mourir.
Acquérir un emballage est la raison d’être de l’emballage.
Trouver un emballage ne veut pas dire le consommer.
Le consommer c’est le trouver.
Chercher l’emballage est la raison d’être du consommateur.
Le consommateur est un emballage de l’emballage.
L’emballage Carnet Lambert vous remercie.

Pierre Escot dans "La méthode" (vidéo 2003) {JPEG}
Pierre Escot dans "La méthode" (vidéo 2003)

Pierre Escot
vidéaste et écrivain.

Expositions : Paris, Lille 2004, Biennale du Monténégro, dans le cadre de +/- L’Epicerie, Annecy pour Imagespassages, Tours à l’Ecole des beaux-arts, Le Placard n°5 Paris/Tokyo organisé par Büro.

Sortie en octobre 2005 du livre « Trilogie de la main droite » aux éditions Orbe, livre d’images avec un dvd.

2004 : bourse d’écriture du C.n.l pour « Le Carnet Lambert ». Prépare actuellement deux livres d’artiste, « Tecore » aux éditions Band/It et « Planning » aux éditions PPT.

click to download

Lecture d’extraits du Carnet Lambert le 04 juin 2006, à la Galerie EOF (Paris) dans le cadre de la manifestation "LEURRES, SOURNOISERIES OU AUTRES STRATÉGIES" organisée par : LO MOTH, TALKIE-WALKIE, LE TUBE OPOÉTIQUE, ÉOF.
Avec : Virginie Lalucq, Jean-Marie Guinebert, Pierre Escot, Hubert Renard.

Le Carnet Lambert se passait de mains en mains. Personne n’en parlait de peur que le Carnet s’évanouisse.
Chacun aurait voulu que le Carnet Lambert devienne un homme,
chacun aurait voulu que le Carnet Lambert devienne un guide,
chacun aurait voulu que le Carnet Lambert ne devienne rien.
Il y avait plusieurs Carnet Lambert mais un seul était l’unique,
les autres devinrent des copies plus ou moins bien reproduites,
comme chacun avait une idée bien précise de sa forme,
tout devenait Carnet Lambert même le Carnet Lambert.

d’une génération à l’autre,
le carnet est de plus en plus épais,
de plus en plus fin,
de plus en plus de mots incompréhensibles,
de chiffres, de versions contradictoires,
de plus en plus de clarté dans l’espace vide.
Plus touffus le motif des vivants,
l’origine à la matrice revenue en elle,
le souffle, la main s’ouvrait.
- La colonne des noms
la profusion des dates
la fin d’avant la fin -
rumeur du jour à l’aube
clarté de l’esprit silencieux.

Rentrer dans la salle de séjour, ramasser le carnet.
Les feuilles craquent dans le jardin.
Elles remontent du sol.
Le sol est brûlant.
Une déflagration sourde.

Combat de singes dans la clairière pelée.
L’air ne revient pas.
Les mots sont des ouvriers.
Georges me rend visite.
Ne passez pas le seuil.
Le téléphone sonne.
La guerre est déclarée.
Trois heures supplémentaires vous sont allouées.
Encore un coup de pelle.
Ne demeurez pas ici.
Sachez attendre votre tour.
Une démonstration est possible auprès de notre revendeur.
Savez-vous où vont se poser vos mains ?
Comparaissez à jeun.
Attendez l’aube.
Suis-je bien là où on m’a dit d’être ?
Connaissez-vous le pourtour exact de votre visage ?
Partez en avance ou partez bien après.
Avez-vous déjà touché un bâton de majorette ?
Etes-vous sûr que l’on ne vous a pas menti ?
Etes-vous sûr que vous ne vous mentez pas ?
Etes-vous sûr de voir les choses telles qu’elles sont ?
La sensation la plus intense est là où elle s’arrête.
Le camouflage n’a pas été assuré.
Le chemin partait dans les dunes.
Ne recommencez pas.
Ai-je bien fermé la porte ?
Une interruption est prévue.
Etes-vous certain d’avoir fait le bon choix ?
Soyez raisonnable.
Comme avant ma naissance.
Commencez donc par vous excuser.
Un retard de trois heures est possible.
Ne pensez pas à l’appareil.
Adopter la position économique au train où vont les choses.
La poussière formait un dessin.
La situation ne s’est pas passée comme prévu.

Les utilisateurs du kit Carnet Lambert doivent absolument se laver les mains avant chaque utilisation.
Toute allusion à une possible complexion différente de la proposition du kit devra faire l’objet d’une démonstration à l’instant même.
Le nombre de positions imputables au kit est laissé à la discrétion de l’utilisateur.
Ne pas oublier que le kit est une propriété personnelle, en aucun cas il ne peut être prêté ou donné à un tiers. Si par circonstances exceptionnelles, accidents prévisibles ou imprévisibles, le cas se présentait, le kit n’est aucunement responsable des conséquences ainsi que pour son utilisateur présent, futur ou passé.
Toutes les dispositions du kit sont imputables à la somme des combinaisons possibles par l’utilisateur.
Le kit ne peut aucunement prétendre rendre compte de la validité de sa position, sinon par réflexivité consciente de l’utilisateur.
Un kit se présente pour tous comme la somme des combinaisons possibles.
Un kit n’échappe pas à sa propriété de refléter sa forme.
Un kit est insolvable, il ne peut aucunement rembourser quoi que ce soit et pour qui que ce soit, le temps passé à son installation est inaliénable et ne se retrouve pas.
Kit Carnet Lambert peut se présenter à n’importe quelle heure et dans n’importe quel lieu. Il détient en outre la possibilité de repartir quand il le peut.
Le pouvoir du kit est le pouvoir du kit dans l’esprit de l’utilisateur.
Un utilisateur du kit reste un utilisateur du kit même s’il n’utilise plus ou n’utilisera plus le kit. Une des incidences du kit est que le kit existe. Une des autres incidences du kit est que le kit existe dans l’esprit de l’utilisateur, bien avant que l’utilisateur en ait pris conscience.
Kit Carnet Lambert a tous les droits de reproductions et ne peut en aucun cas être la propriété de l’utilisateur. Le nombre de kits Carnet Lambert est par essence infini, compris entre - et +, de o à l’infini, matriciant et matriciel de moins l’infini à plus l’infini, si l’infini est une notion un tant soit peu réductible à une absence même de contours.
Les articulations du kit n’utilisent que très peu de notions, sa topologie fait partie d’un domaine possible sur tous supports choisis par l’utilisateur si tant est qu’un domaine, et l’image même d’un domaine, dépassent toutes les possibilités que ce mot suggère.
Le kit Carnet Lambert est un substrat d’évidence.
Le droit à la succession fait partie intégrante du kit Carnet Lambert, sa succession fait partie à toutes ses autres parties.
Le kit n’a besoin d’aucune subvention, l’utilisateur lui en saura gré ou à défaut, l’utilisateur est libre de droit sur lui-même.
Le kit n’a aucun besoin d’être alimenté, contrairement à ce que certains utilisateurs avaient affirmé. Les affirmations des utilisateurs sont laissées à leurs libres convenances, mais ne doivent en aucun cas freiner l’évolution du kit vers un stade laissé à son appréciation. Toute transcription du kit transborde son état et peut être décidé par l’utilisateur à ses risques et périls.
Le kit est parfaitement prononçable.
Le kit est susceptible de toutes les méprises.
Un concours de kits est possible. Chaque kit est par essence immanent à toute manifestation physique.
Chaque point d’articulations du kit donne la possibilité à l’utilisateur d’y adjoindre sa propre excroissance.
Chaque procédure d’obtention d’un kit Carnet Lambert est uniquement faite pour que l’utilisateur puisse vérifier s’il a bien été choisi par le kit, sachant qu’un kit existe avant chaque utilisateur et l’utilisateur avant tout kit.
Chaque kit surveille son utilisateur, si tant est qu’un utilisateur arrive à l’oublier.
Un utilisateur prendra conscience de son kit au moment où la forme du kit échappera à son utilisateur, le kit est le kit qui reflète le kit de celui à qui il appartient et qui en est le lieu.
Un kit contient tous les kits. Tous les kits contiennent un kit et ce kit est le rêve de tout kit.
La prolifération des kits n’a rien à voir avec la surnatalité.
Un kit n’a parfois ni dedans, ni dehors.
L’absence de conciliation entre l’utilisateur et son kit est dommageable à une différence entre essence et existence, à savoir lequel détient l’un des deux.
Un kit possède toutes sortes de variateurs, le variateur ultime est le dernier arrivé.
Toute quote-part d’un kit est la preuve de l’incompétence de l’utilisateur ou de son habileté, suivant la somme exigée.
Une demeure sans kit est une demeure sans domaine.
Tout kit a le spectre de lumière de son utilisateur.
L’un des buts du kit est l’endurance de l’utilisateur à laisser le kit se faire naître.
Un kit sans histoires rend l’utilisateur perplexe.
Un utilisateur ne rend jamais au kit ce que le kit lui doit d’incertitude.
Un kit gagne à se connaître, encore plus si le kit n’a pas encore d’utilisateur.
Un utilisateur satisfait n’existe pas, tout kit transcende la possibilité de chaque kit, plus il y aura de kits, plus la somme des possibilités sera exponentielle.
Les kits deviennent kits quand chaque kit a cessé de croire en son utilisateur.
Tout discours de l’utilisateur sur son kit est au fond un discours sans auditeurs, chaque kit étant étranger aux limites de son utilisateur.
Chaque kit suivant le nombre de ses articulations définit le nombre possible de reconfigurations par millièmes.
Un kit ne peut pas prétendre, contrairement à son utilisateur, pouvoir appréhender un nombre entier.
Epistémologique est parfois l’utilisateur hésitant, philologique de base. Le kit est comme un animal, tout à lui-même.
La ressemblance d’un kit avec un autre fait partie d’une histoire généralisée du kit remontant à l’origine même d’une nouvelle civilisation à définir.
Tout utilisateur cherchant à mentir au sujet de son kit devra souscrire une assurance-vie.
Un kit a le droit de s’opposer à son utilisateur si celui-ci le néglige, l’utilisateur a uniquement le droit de s’en plaindre, bien des kits partirent à l’aube.
Le caractère polymorphe du kit tend à transparaître chez l’utilisateur. Les premiers signes se situent généralement entre l’acharnement et le relâchement, la soudaineté et la progressivité, l’en-soi gaillard avant l’oubli manifeste de toute résolution à comprendre.
Fais un kit avant que le kit ne te fasse utilitaire.
Chaque kit n’est pas le kit du kit mais tout kit est un kit tendu à faire du kit ce que le kit est du kit, par exemple un Carnet Lambert possible (un kit Kumquat est disponible bientôt).

Déjà parus :

Carnet Lambert chez les Aztèques. Carnet Lambert contre Carnet Lambert Carnet. Lambert en Normandie. S O S Carnet Lambert. Pas de répit pour Carnet Lambert. Carnet Lambert et les tueurs d’Orgott. Prépare ton testament Carnet Lambert. Carnet Lambert à New-York. Alias Carnet Lambert. Carnet Lambert et la veuve d’Ougada. Carnet Lambert ne veut pas venir à Monaco. Carnet Lambert se démultiplie. Compagnie Carnet Lambert. Carnet Lambert en soldes. Carnet Lambert écarte les jambes. Carnet Lambert croise Stéphane M, il ne lui dit même pas bonjour. Carnet Lambert mange une tartine de confiture. Partouze Carnet Lambert. Carnet Lambert achète trois quotidiens régionaux. Carnet Lambert a peur de la mort. Carnet Lambert ne se souvient pas souvent de ses rêves. Carnet Lambert et le trésor de l’Antarctique. Carnet Lambert découvre le yaourt aux abricots. Carnet Lambert et la soute magique d’Alkachmir. Carnet Lambert a les mains moites. Le fantôme de Carnet Lambert. La maîtresse actuelle de Carnet Lambert s’appelle Edith. Carnet Lambert passe-t-il bien la nuit avec trois somnifères ? Comment en vouloir à Carnet Lambert ? Pourrait-t-on dire Carnet comme lui ? Lambert carnage. Carnet Lambert et l’étoile d’or. Fin décembre, Carnet Lambert. Jeudi est le jour préféré de Carnet Lambert. Commando élite MST Lambert. Carnet Lambert aime les haricots en boîte. Carnet Lambert et la deep musette. Carnet Lambert, bouche-à-bouche. Carnet Lambert et les arpents bleus. Le zèbre caché de Carnet Lambert. Frontière noire de Lambert Passage Lambert des âmes du carnet. Bonjour Lambert, tu vas bien ?

Traces calquées sur la somme des intérêts communs, les reflets du trou concèdent à l’espace, le portrait généralisé du trou optimal.
Complexion faite dans l’esprit des participants suivant l’ordonnance de chaque agent humain.
L’espace-trou tend à s’élargir suivant des paramètres sans cesse renouvelés au fur et à mesure de sa capacité d’accueil.
Cet espace, ceci étant cela, attendu par sa profondeur, bien des débats, des états, des discours y finissent :
La communauté est un ensemble d’individus aux objectifs circonscrits à des intérêts communs…etc…La société est un ensemble d’individus aux intérêts parfois divergents mais législativement maintenus dans une communauté de faits…etc…etc…Communauté et société sont des cercles dans l’espace de l’intérêt commun…etc…etc…etc…
Ceci n’exclut pas cela, communauté et société, individu + individu, jointures avec report constitutif, l’arrivée du trou déborde de ses parois.
Un espace de trous donne l’image d’une essence sans cesse en préexistence, ainsi, peut-on être partagé entre des trous n’en formant qu’un ou des trous en formant d’autres.
Comme sa nature est faite d’une absence continue dans son addition, il est de mise d’entrevoir son apparition.
Cela peut se voir de près si le sujet semble soudainement transporté en arrière, ou de loin, si le même sujet semble ou est près à surgir devant.
La communauté fait alors d’un trou, l’espace aménagé d’une satisfaction généralisée à future perte.
On peut même voir par temps clair, les pourtours se dilater.
Une chasse incessante tournant au traquenard, la conspiration des espèces, les lueurs de toute matière devenue translucide.
Un trou peut devenir son envers fantôme. C’est ainsi que l’idée même est parfois empreinte de sa nostalgie.
La constellation, l’approche imminente d’un assaut constant et interminable, montée des interstices différentiels dans sa formation, reliefs et structures à toute physiologie, le fait mental, la gamme des incidences dans une commodité proche d’une balistique.
Le défilement des faits revient à l’endroit, la limite entre deux plans ; leurs bordures, espaces d’arrière en avant forment un plan unique à l’envers dans un drapé agent humain, trou dans l’esprit, vitesse constante.
L’espoir d’une nouvelle commotion à l’odeur d’une communauté élective et disparate, l’individu + le même tournant sans cesse face contre face, devenu le trou du sujet, l’espace d’un nouveau trou, un trou manquant.

L’histoire Lambert n’est pas une liste exhaustive des différentes attitudes à avoir face au déroulement de l’existence.
Une tête n’est pas, à priori, la surface idéale pour avoir une idée d’un horizon possible. Un câble tiré entre un point et un autre n’est qu’une corde à sauter pour la voisine.
L’histoire Lambert couvre la civilisation face aux nombreuses désillusions qu’occasionnent celles et ceux qui s’en font le combat commun.
L’histoire Lambert : fin de temps des pics de traîne-jour.
Occlusion totale des complémentarités hasardeuses.
Ablation irréversible des volutes de mémoires.
Livraison temporaire des certitudes.
Catastrophe sans cesse remise :
plans de prévision multiple.
Révélation interne des capacités dissolvantes dues au point de vue.
Un rassemblement provisoire des forces communes n’amène pas plus à la certitude qu’un morceau de bois.
Intact émerveillement soudain.
Abrogation des lois tacites entre intervenants sur l’histoire comme signes possibles d’une réévaluation des catastrophes.
Capacité accrue à pouvoir commenter ce qui était avant l’histoire un échange aléatoire mais direct de suppositions d’origines à responsabilité démultipliée.
Plan direct des traces retrouvées après supputations, retours, circonvolutions : retrouvez le début.
Après la reprise, une flambée des cours est toujours prévisible sachant que la montée est une accumulation d’incidences à profits cumulatifs et incessants.
Comment pouvez-vous juger l’histoire de ce carnet quand bien même celui-ci pourrait adopter le visage de votre détermination ?
Une histoire est aussi le voeu des scènes de vie.
Une tape sur l’épaule, un règlement d’accord, une dette rééchelonnée et c’est toujours plus loin le réendettement. _ Certains organismes biologiques et économiques ont en commun la même organisation. Moins vous croissez, plus ils s’installent.
Nier celui qui est derrière vous, marcher sur les sommes d’histoires que comporte toute communauté et feindre de la comprendre. Se fier à l’intérêt personnel de chaque rencontre, savoir où elle se situe sur l’échelle de votre plan de vie en éliminant les corps inutiles, les déviations trop longues. Savoir sourire à qui vous emmène sur le podium de votre intégration et de la considération générale.
Complémentarités des sources : fixation à la dernière impression. Capacité d’un revirement abrupt face à l’assentiment d’un groupe donné. Adoption d’un langage commun sinon circonscrit. Facilité d’une contradiction intermittente. Parasitage des doutes, les éteindre, enfouir. Se persuader de sa raison. Fuir toute hésitation. _ Se convaincre de son bon droit. Arriver à barrer tout isolationnisme S’attirer les bonnes grâces. Continuer à produire ce qu’on attend de vous. Adopter le langage commun des instances. Capter la forme donnée d’un temps donné présent. Fixer une bonne fois pour toutes ce qui fait de vous un individu différencié comme frère. Arriver à formuler la formule précédente comme formule ascendante. Extraire d’un fatras socio-culturel générationnel la formule piquante destinée à être lâchée négligemment au cours d’une conversation. Astreindre l’autre à ramener ses vues au rang de symptômes. Au premier statut trouvé, ne pas en démordre. Complimenter celles et ceux qui peuvent de par leurs positions vous emmener encore plus loin. Ne pas trop montrer son désaccord autour d’une même question surtout si elle permet de passer au stade suivant. Eviter de roter la bouche ouverte. Rester modeste. Attention à ne pas fréquenter celles et ceux qui par un mot et une attitude ont été bannis trop sévèrement, du moins ne pas trop le faire savoir ou alors arguer du fait de la simple curiosité. Savoir complimenter au bon moment. Elever les données insuffisantes au rang de certitude absolue. Savoir saisir la phrase qui vous aménera à ouvrir les dernières réticences. La flatterie est le premier des bastions à saisir. Dire oui alors que tout est foutu. Dire oui alors que tout devrait être à refaire. Dire oui alors que tout est irrémédiablement oui. Eviter de comparaître devant ses ennemis. Etre sûr de son bon droit tout en restant serviable pour pouvoir se servir des autres. Donnez aux autres la sensation de votre influence et vous ne serez plus seul. Soyez au courant des dernières recommandations. Soyez au courant des dernières sollicitations propres à alimenter le champ de votre domaine. Sachez sourire, un sourire est le garant du meilleur des sourires. Ne commencez pas à douter avant de vous adresser à quelqu’un. Restez près de celles et ceux qui détiennent le pouvoir du destin que vous vous êtes choisi. Sachez rire des autres au bon moment. Fiez-vous à celui qui a parlé en dernier. Saisissez le point faible et tournez-le vers vous. Accaparez la conversation. N’ayez aucun remords à vous servir des autres, sachez que celui ou celle que vous utilisez saura vous utiliser. Gardez en tête le travail que les autres ont abattu avant vous, changez juste leurs noms. Ne pas croire que vous êtes le dernier arrivé, soyez vigilant, relancez. Accordez vos mérites au but que vous avez dépassé. Se trahir permet d’avancer et d’opérer les réajustements nécessaires contrairement aux serments de fidélité. Visez à l’efficace. Repérez les éléments fédérateurs. Repérez celui ou celle devant qui tout le monde sourit et cherche sa contenance. Dites-vous que vous êtes capable de faire moins que les autres mais en mieux. Arrangez-vous pour faire croire que vous savez. Entrainez-vous à être seul. Ne reconnaissez jamais vos torts. Gardez-vous des faibles et des inférieurs. Dites oui. Gardez votre territoire. Ne devenez pas insatisfait. Mettez-vous plus haut que vous n’êtes, il en restera bien quelque chose. Attendez-vous à continuer. Laissez passer les autres. Apprenez à aimer ce qui est aimé, apprenez à détester ce qui est aimé, apprenez à aimer ce qui est détesté. Ce qui est incompréhensible a l’air profond, ce qui est profond se fait malgré vous. Ce qui nécessite un effort n’est pas pour autant plein de vie de sève et de conscience. Ce qui paraît loin n’est que tout petit, n’est que disproportionné, n’est que façonnable. Ce qui paraît façonnable peut être manufacturé, ce qui est manufacturé est à tous ce qui paraît possible, ce qui paraît possible peut d’abord être inconcevable, ce qui paraît inconcevable est du désir de chacun, ce qui est du désir de chacun est possible, est inconcevable pour chacun, est conçu par chacun, est donné pour chacun, ce qui est tout près n’est pas si loin de ce qui est petit, une fois arrivé le désir de chacun de soi, sa mesure.

La colonie passe de points en points, de pôles en pôles, les tickets ont été vendus, des noms finissant en a, i, k, pas une carte mais encore d’autres. Les gens viennent de partout.

Nous allons au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, nous partons.
Nous tombons, nous nous relevons.
Il y a tellement d’écarts de températures que l’on pourra bientôt nous faire tourner dans tous les sens.

Nous pensons à ce que nous avons laissé.
Des villes nous attendent, déjà derrière.
L’eau qui sort de nous n’est pas que du sang.
Nous faisons des sculptures avec les corps.
Nous sentons l’air et l’horizon.
Nous nous amusons avec nos chiens.
Nous laissons des familles.
Nous en recomposons d’autres.
Nous choisissons l’aîné.

Renseignements pris, rumeurs, maintiens, têtes de nos candidats, têtes à voir et par un minimum, les avants-postes de nos colonies, la barre à atteindre fait des crevasses.
La jonction est tout à fait dans la forme que laisse les corps, nous ajoutons les ressources.

Les flancs font des vagues. Les maisons des arêtes. La route est large. Les dénonciations sont nombreuses. Quand vient la pointe au cœur, nous laissons les discours.

Les plus jeunes reviennent, les plus valides.
Ils ont de l’air plein la bouche.
Il suffirait qu’ils reviennent avec de la terre, profonde, loin comme dans la poussière.
Leurs yeux sont fixes, leurs paupières ne s’arrêtent jamais.

Impulsif, endurant, fertile est le sacrifice, la bouche si rouge, la salive si fraîche, la morsure plus profonde.

Il nous arrive parfois de regarder des insectes. Il est toujours étrange de voir la nature indifférente à notre sort.

Il fait si froid sur l’eau. Il y a tellement de bruit dans nos oreilles. Certains font des bouclettes sur notre front. _ Vous regardez les bulletins. Il faudra ratifier le règlement. La production assurée, les candidatures ne manquent pas.

Pour les messages aux familles, nous ne pouvons pas compter uniquement sur nos annonceurs. Le bouche à bouche sera autorisé sous certaines conditions, seulement quand les participants peuvent encore nous remercier.

Colère, peur, étonnement, fierté, orgueil, courage, plus forte l’émotion et le sentiment avant l’entrée. Il faut juste déplacer les cobayes, en première ligne, ils explosent.

Température, topologie, rétribution, capacité, acquiescement, oubli, efficience, nous verrons les organismes vivants.

Les experts se contredisent.
Les analyses sont contradictoires.
Les historiens ont une théorie nouvelle tous les trois ans et deux mois,
ce sont les statistiques.
Les emballages changent leurs provenances, conglomérat, réunions d’entreprises, il faut rassurer les petits porteurs, bénéfices nets, strips-teaseuses parfois.
Le système décimal n’est plus à l’honneur.
Les résultats d’entreprises sont plutôt décevants pour cette année.
Sans compter sur l’opinion publique qu’il faut rassurer.
Que penser de : "Carnet Lambert et un être se relève" c’est mieux que "Carnet Lambert et un être tombe"
Que penser de : "Un jour nouveau et c’est le Carnet Lambert"
c’est mieux que : "Un jour nouveau pour le Carnet Lambert", il me semble.
Un budget conséquent doit être dégagé.
Chaque pays doit lancer un plan d’envergure.
La part client doit augmenter de 10%.
Il faut pouvoir écraser les contrefaçons.
De nouveaux délégués de productions doivent être formés.
Que les comités d’entreprises s’occupent bien de nos salariés.
Il faut qu’ils se sentent rassurés, quitte à leur donner des parts dans nos entreprises.
Du moment que nos actionnaires sont satisfaits de nos bilans d’activités, il n’y aura pas de remous cette année.
Nos cadres auront un treizième mois plus que satisfaisant.
Un audit devra conclure au nouveau plan de production.
Il faut occuper nos psychologues du travail.
Le nouvel emballage sera prêt pour la rentrée.
Rassurons nos géomètres.
Gardons de bons contacts dans la presse.
Des voyages d’agréments devront être alloués.
Il sera plus que nécessaire de renforcer le territoire Nord.
Nous devons accompagner les départs.
Nous devons renforcer la culpabilité des récalcitrants.
Nous devons changer les entrées.
Nous devons revoir nos trous.
Garder les traces de nos opposants.
Séduire les enfants de nos ennemis et de nos consommateurs.
Organiser des concours d’abonnés.
Nous devons devancer la mode.
Rester un marché porteur.
Réduire l’écart entre ce qui a été et ce qui sera.
Marquer notre image d’un renforcement positif au niveau entraide sociale et protection de l’environnement.
Nos futurs consommateurs sont des fantômes tant qu’ils ne sont pas nos consommateurs.
L’emballage passe à travers le temps de consommer.
Le temps de consommer est un temps d’osmose entre le début et la fin.
Le début et la fin marquent l’espace d’une consommation parfaite.
Nous devons donner une force à vos contraintes.
Aplanir les territoires, tout territoire est une puissance consommable.
Chaque emballage est un nouveau départ au long de notre stratégie.
Chaque emballage est un terrain. Chaque terrain est la cour d’école
du champ d’application de la consommation.
Un emballage doit déjouer toutes les situations en notre défaveur.
Chaque emballage est une action imprenable.
Une action imprenable est une consommation potentielle.
Notre action est un signe social.
Un signe social est l’emballage de l’emballage.
L’emballage de l’emballage est un signe potentiellement consommable.
Toute consommation est un signe social.
Chaque signe social doit être récompensé.
La nécessité d’un emballage propre est qu’on n’en voit plus son usage.
La collectivité a toujours raison, c’est sa croyance.
La croyance sert l’emballage.
L’emballage a toujours raison.
La raison, c’est la nécessité d’avoir un emballage.
Un emballage est toujours un emballage.
Un emballage change pour sa rentrée.
Un emballage est reconnaissable.
Un emballage a son image.
L’image que l’on donne est l’image que l’on est un emballage.
L’image est un support de l’emballage.
L’emballage supporte toutes les comparaisons même négatives.
Une négation renforce l’emballage.
L’emballage doit être un acte automatique.
Un acte automatique est réflexe devant la nécessité. L’emballage invente la nécessité.
La nécessité invente l’emballage.
La nécessité s’invente.
L’invention de l’emballage est l’invention d’une culture.
Une culture est nécessaire à l’emballage.
La culture fait l’emballage de l’emballage et la consommation la soutient.
Chaque récalcitrant est un consommateur potentiel.
Un consommateur potentiel est consommable.
Un potentiel de consommation fait la création.
La création est relais entre la consommation et son potentiel.
Le potentiel est une future part de marché.
Une part de marché consolide nos actionnaires.
Nos actionnaires sont des consommateurs potentiels.
L’emballage de l’emballage est l’emballage de l’emballage de l’emballage.
L’emballage de l’emballage de l’emballage est l’emballage.
Un emballage réussi est un emballage nécessaire.
Un emballage réussi est sa reproductibilité.
Sa reproductibilité est contrôlée par un champ d’action immuable.
Ce champ d’action est la fonction même de l’emballage,
un emballage doit devoir croire être le monde.
Le monde doit devenir un emballage.
L’emballage est une idée du monde.
Y-a-t’il une vie après l’emballage.
Y-a-t’il une vie avant l’emballage.
L’emballage ne s’est pas fait en un jour.
Chaque jour est le jour de l’emballage.
Qui vole un emballage les vole tous.
Il ne faut pas faire de plan sur un emballage.
Chaque emballage se dédit. Chaque emballage est l’enfant de l’emballage.
Un emballage parfait est un emballage qui ne se voit plus.
Voir un emballage et mourir.
Acquérir un emballage est la raison d’être de l’emballage.
Trouver un emballage ne veut pas dire le consommer.
Le consommer c’est le trouver.
Chercher l’emballage est la raison d’être du consommateur.
Le consommateur est un emballage de l’emballage.
L’emballage Carnet Lambert vous remercie.

 

PIERRE ESCOT

RESTEZ EN CONTACT

SYNDICATION